dimanche 1 juin 2014

La Cettoise; CR....Ma longue agonie...

Départ à l'aube, direction Sète...
Je n'aime pas les 10km et j'ai peine à courir dans le sud en cette saison , je suis donc partie un  poil stressée, comme si je savais qu'atteindre mon objectif était un peu perdu d'avance, le mental pas vraiment au top pour cette course, bref....

Nous sommes arrivés largement en avance sur Sète, nous garons la voiture sans difficulté, nous rejoignons à pieds le gymnase où je retire mon dossard puis nous partons en direction de ce que nous pensons être l'arche de départ,  à 500m de là...Je fais donc mon deuil d'un hypothétique dernier passage au  pipi-room avant le coup d'envoi, je suis relativement tranquille mais je ne crois pas à cet objectif, je sais que je vais en baver, je le sens, il fait déjà très chaud alors qu'il nous reste plus d'une heure à patienter avant le coup de pistolet fatal..

Je constate  qu'il n' y a curieusement pas grand monde alors que nous sommes toujours prêts de l'arche...nous comprenons que, comme souvent ici dans le sud, les sites de départs ne sont pas du tout indiqués, nous sommes en fait près de l'arrivée, nous emmenons donc  à l'endroit approprié un certain nombre de gens qui se sont fait prendre, tout comme nous, à une certaine improbable logique sudiste, re-bref...Je pars m'échauffer un peu...

Le coup d'envoi est donné... je pars comme une balle, j'ai une patate d'enfer, je me sens hyper bien, je passe devant coah-chéri qui m'indique un dos d'âne pile au moment ou je manque de m'écrabouiller sur le sol faisant tomber potentiellement  tout un peloton derrière moi, je me rattrape au vol, je souris quand même, je suis bien et j'ai le temps de voir la mine de coach-chéri qui n'à pas l'air content, content...il m' informera plus tard qu'il s'est dit à ce moment là que j'allais surement bien trop vite ...ou bien alors que je devais être dans une méga forme, à cet instant précis entre les deux probabilités son coeur balance, mais juste un peu en fait et il sait bien que je vais payer cher ma petite folie du jour ...m'enfiche,  moi je continue toute contente, je trace la route, youpie la vie, un coup d' œil à ma Garmin,  je suis en instantané à 5'10/km, (c'est bien trop rapide pour mon modeste niveau) et je me dis que je vais me caler sur cette allure.... que je tiendrais effectivement à peu près pendant les 3 premiers kilomètres ....

Au km 4 ça se gâte un peu, on m'avait annoncé un  parcours absolument plat, ben pour moi c'est pas plat du tout....et chose étrange c'est que sur la deuxième moitié du parcours ça n'est pas plat non plus, vas y comprendre quelque chose... j'ai couru la seule course au  monde, avec départ et arrivée quasiment  au même endroit, où tu montes sans cesse en faux plat mais où la route ne redescend jamais, la seule compèt'  de l'univers dont tout le monde prétend qu'elle est plate alors qu'elle ne l'est pas  ...bon, revenons tout de même à mon kilomètre 4...je crève de chaud, j'ai soif, le ravito était annoncé au km 5 alors je me dis que je dois tenir jusque là, je vois la pancarte "KM5", mais oh!!! il est où le ravito???? j'avance, j'avance, toujours pas de ravito, je suis presque au km 6 et enfin le voilà, sauf que quand on me dit ravito au km 5 et qu'on me le colle au km 6, ça m'assoiffe, ça me perturbe,  et ça me fout dedans...Je bois, enfin...

Je repars péniblement, la relance est très difficile et je peste un peu intérieurement rapport à l'emplacement du ravito puis je tente de reprendre le contrôle de moi-même en me disant qu'au moins j'ai gagné 1km sur ce qui me reste à parcourir après avoir bu ce fichu gobelet de flotte...

Km7:  ça ne va pas du tout, je n'avance plus, je suis à 6'57"/km, je sais que je suis bien loin de mon objectif mais j'ai de temps en temps une lueur de fol espoir, je compte bien accélérer....sous peu...je vais y arriver...Un type dans un camion sorti de je ne sais où tente une manœuvre pour se dégager de son emplacement, un coup en avant, un coup en arrière, une femme qui court  à coté de moi me prévient gentiment de faire attention et moi tout ce que je trouve à dire à ce moment là c'est un tonitruant "mais quel con!!!"  qui a fait se retourner un autre coureur me lançant au passage un  oeil noir moyennement sympathique, je reprends mes esprits, je m'excuse et remercie au passage ma compagne de course d'un jour et dans un élan de fierté mal placée je taille la route en accélérant,  histoire de me faire oublier...

Km 8 : je sors mon joker de ma poche pour ne pas abandonner cette course qui me fait vraiment souffrir, je ne regarde plus le peloton devant moi, je ne regarde plus rien d’ailleurs à part, en biais,  le revêtement du trottoir en Granit Rose...je vais me concentrer là dessus et aussi, pour sauver ma course, parcourir mentalement  le chemin qui mène de notre ex-jardin à notre péniche, le chemin faisait 2km et il me reste précisément 2km à courir....alors je passe devant le jardin d' Antoine...puis j'arrive au cimetière....je vais traquillou jusqu'à la cave coopérative...tiens, tiens, douloureux  retour à la réalité" mais  qu'est ce qu'il fiche là à courir en sens inverse lui? il décrasse? merci pour les encouragements pauvre pomme, mon humeur est moyenne mais je m'accroche... je vais ensuite hélas  passer devant un homme à terre avec plein de pompiers autour de lui, il semble inanimé, ça me fiche un coup mais je m'accroche encore....me voilà de nouveau dans ma bulle, je suis  devant l'épicerie de mon  village et j'arrive devant chez les Feltrins, je n'ai plus qu'à passer devant la mairie et je serais sur la route qui mène à Port-Argeliers pis après je verrais notre péniche et je serais arrivée, enfin...

A défaut de péniche voilà l'arche tout au loin là-bas, je la passe, je suis plutôt en miette,  mon chrono n'est pas du tout  à la hauteur de mes espérances mais là tout de suite je m'en fous, j'ai fini cette fichu course de malheur...j'ai eu chaud, j'ai eu soif, j'ai eu les jambes en plomb, j'ai failli abandonné 1000 fois, j'ai pas eu un encouragement sur le parcours parce qu'ici à part le rugby ben y a rien de rien qui compte, j'ai failli m’étaler sur un dos d'âne et finir en bouillie sous un camion mais boudu de boudu j'ai passé l'arche en courant de ce fichu 10 km de malheur...Voilà!



Si tu veux voir le départ de la course quand je fais encore ma maligne...et si tu veux voir ma longue agonie finale, cliques sur les deux vidéos ci-dessous:....mon chrono est là




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8 commentaires:

  1. Très beau CR même si tu n'as pas profité de ta course. Je trouve ton temps très très bien ! Je n'imagine pas ce que tu aurais pu sortir en ayant la patate :D

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  2. merci c'est gentil...
    en ayant eu la patate j'aurais pu faire un peu mieux qu'à Leucate et donc beaucoup mieux qu'hier à sète: http://dossard327.blogspot.fr/2014/02/10-km-de-la-corregeresultats-officiels.html
    Ce sera pour une prochaine fois, tant pis...

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  3. Mais attends c'est un SUPEEEER temps (le même que le mien, d'où mon enthousiasme ahah !). Non en vrai c'est bien (tu peux aller chercher ton commentaire si tu veux sous mon article de mes 10km ou tu me disais que c'était un bon temps), surtout s'il faisait hyper chaud et que tu es partie trop vite...
    J'ai éclaté de rire au passage "ce fichu gobelet de flotte" ahah.
    Dommage quand même si tu n'as pas apprécié la course, c'est dommage mais dans de telles conditions c'est bien compréhensible ! Et je te rassure, tu n'as pas l'air à l'agonie en arrivant ! ;)

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  4. en fait le "super temps" est surtout fonction de ce que l'on a fait avant et de l'objectif qu'on s'est fixé...là en l’occurrence je me suis bien plantée et je suis très loin de mon RP sur cette distance (58'06" en février ce qui est d'ailleurs surement un chrono pourri pour beaucoup d'autre...) ce qui ne veut pas dire que ton temps à toi au moment où tu as couru ta course n'était pas un super chrono bien au contraire...
    enfin bref, j'ai tout de même un peu merdouillé mais j'ai survécu ;o))

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    1. taratata c'est sur qu'on veut toujours faire mieux mais tu n'as pas pris 15mn dans la vue non plus, 4 petites minutes de rien du tout c'est pas grave ;)

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    2. oui c'est sûr et je m'en remettrais, les échecs ça apprends à mieux se connaitre aussi, je rebondis et je vole vers le Marvejols-Mende ;o))

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  5. Chaleur + mental pas top + départ trop rapide, cocktail explosif sur 10K, une distance plus difficile qu'elle n'y paraît à mon sens. Allez, un nouveau en octobre, quand il fera un peu plus frais, et ton objectif sera explosé, y'a pas de raison.

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  6. attends, je ne suis pas prête de recourir un 10km, même pas en octobre, j'attendrais l'hiver lol je me sens mieux sur la distance du semi, c'est moins violent en effet...m'enfin le marvejol-mende en juillet risque de ne pas être triste non plus question chaleur, enfin bref, vive les run d'hiver sudiste et merci pour tes encouragements ;o))

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