lundi 17 mars 2014

10 km du soleil... CR..

Préambule:

"J'ai couru  cette course un peu comme j'aurais couru  un entrainement au seuil sans aucun autre objectif que celui de terminer cette épreuve au mieux de mes capacités du moment et sans me mettre totalement dans le rouge...en entrainement je n'aurais pas eu la niaque pour tenir cette cadence sur 10km, c'est certain, cette course à donc été un excellent exercice, rien de plus, j'ai beau retourner la chose dans tous les sens je ne vois pas cette course autrement que comme un travail de seuil que je n'aurais pas affronté seule sur un trajet solitaire matinal..."



Le temps étant ensoleillé et  le vent glacial , dès notre arrivée à Bezier je  dois  revoir mes plans en matière vestimentaires...je pars donc récupérer mon dossard, je retourne à la voiture déposer le t.shirt et la bouteille de vin; cadeaux des sponsors locaux et j'en profite pour me changer, me revoilà en corsaire et t.shirt plutôt qu'en short et débardeur, je vais même devoir remettre ma veste coupe-vent au moins le temps que le coup d'envoi soit donné, bref vous avez là une idée de la météo sudiste en ce dimanche 16 mars et de mon humeur qui s'étant  un peu trop imaginé que le printemps était là se ramassait la gamelle de la semaine, bref...

Les petits coins qui vont bien étant très loin de la ligne de départ j'ai du également inaugurer le concept;" courir une course de 10km par un froid polaire et sans la veste assortie mais avec l'envie de *pilipilipi s'accordant parfaitement à la situation"...coach-chéri tente de me rassurer en me disant qu'en courant, normalement,  ça devrait me passer...hum!!!  peu convaincue,  je cherche un petit coin derrière un arbre, petit coin introuvable, trop de monde, trop de voitures ou d'accès protégés, bref...

le coup d'envoi est donné, nous partons...

Pour la première fois de ma courte "carrière" de runneuse "compétitrice" je pars du fond d'un SAS, très artisanal certes ,  mais un SAS tout de même; + de 50' : autant dire que je pars encore dans les dernières...

Je vais remonter un peu plus de 50 personnes dans les trois premiers km à l'issue desquels je prendrais le temps de boire une gorgée d'eau au ravito,  en ralentissant un peu...problème;  le ravito est placé juste avant un virage en épingle à cheveux, je vais donc me retrouver face au vent juste après avoir ralenti et  la relance ne sera  vraiment pas évidente à gérer...

je cours depuis un moment derrière un monsieur, Cat V3, qui n'en finit pas de cracher ses poumons, son coeur et tutti quanti...le phénomène est assez inquiétant, dégouttant et stressant, voilà comment je ressens la situation...je me mets alors  en tête de le doubler et je me dis que;  au mieux il va me vomir dessus au moment ou je vais le dépasser, au pire il va mourir là!  juste devant moi,  si je ne m'éloigne pas très vite de lui ...j'enclenche le turbo et je le double...

Je double également un couple que je retrouverais un peu plus plus tard et une jeune femme qui finira la course quelques secondes devant moi, je double tout ce petit monde comme on fuit une assemblé trop bruyante et me voilà  au km5...

J’aperçois le ravito, confiante en mes capacités d'attraper un gobelet au vol comme n'importe quel runner chevronné, je l'attrape, trop fiérotte...et je m'étouffe en buvant parce que j'ai oublié de ralentir...je poursuis mon chemin et bien élevée, je me demande pendant 3" que  faire de ce gobelet encore à moitié plein et dont je ne veux plus ...je me colle une baffe pour me réveiller, "t'es en course là,  alors réveilles toi!!! et jettes ce fichu gobelet par terre, nom de diou!!!

Je finis le 1er tour et j'attaque le deuxième  en cherchant des yeux coach-chéri, j'entend derrière moi des cris de joie, des applaudissements et des coups de klaxons...c'est pas pour moi  ça c'est certain...coach-chéri me chuchote un "vas-y coco" un peu ramollo et  je sens bien  qu'il se trame un truc derrière mon dos bien plus intéressant que mon passage à cet endroit précis de la course où commencera  pour beaucoup le sprint final qui conduit (ou pas) à la victoire et aux honneurs...je viens de comprendre... "pinaise", j'ai encore 5 km à parcourir à mon allure de tortue rhumatisante et juste derrière moi il y a un troupeau de gaillards qui  a quasiment  bouclé tout le parcours et qui se lance dans un ultime sprint pour gagner un podium sous les clameurs de la foule en délire, pendant que moi, j'ai pour seul encouragement,  les klaxons qui me préviennent que je ferai bien de dégager du secteur pour leur laisser la place...à ce moment de la course je jetterais bien l'éponge...

Je vais parcourir ma deuxième boucle en zappant le ravito pour ne pas me ralentir,  ni m'alourdir.. 

Vers le 7ème kilomètre je suis rejointe par le couple doublé par ma petite personne précédemment...la femme n'ayant visiblement pas le même niveau que son compagnon (elle a plutôt mon niveau  je crois bien) c'est ce dernier qui l'encourage et la guide pour qu'elle fasse sa course au mieux...je glisse au monsieur en question que je tape l'incruste et que je vais donc profiter de ses conseils si il n'y voit pas d'inconvénient... et il se prend au jeu...jusqu'au bout il n'aura de cesse de me répéter "accrochez vous à moi"  en jetant  un coup d’œil derrière son épaule pour voir où j'en suis..."accrochez vous à moi" j'ai bien du l'entendre 20 fois dans les 2 derniers kilomètres,  sans lassitude  de sa part,  même quand je lui ai dis un peu au désespoir  "bon ben là,  je crois bien que je décroche" il a alors trouvé l'énergie et la gentillesse nécessaire pour me signaler que si je pouvais encore discuter c'est que je n'avais justement pas totalement décroché...

Je passerai la ligne d'arrivé 5" après Nicolas et Nathalie, que je ne connais pas et que je remercierais au passage de l'arche...

le V3 mal en point dont je parlais plus haut a réussit l'exploit d'arriver 19" avant eux, je l'ai vu me doubler comme une flèche dans les derniers mètres de la course  et je dois dire que j'ai beaucoup de mal à comprendre les motivations qui poussent quelqu'un à courir une compétitions en crachant ses poumons à ce point...autant je peux comprendre (un peu)  qu' un Mo Farrah s'évanouisse d'avoir couru à 110% de ses capacités à l'arrivée  du semi de New York parce que beaucoup de choses se jouaient certainement pour lui à l'issue  de cette compétition autant je ne comprends pas qu'en partant d'un SAS +50' sur  un 10km  on puisse mettre sa vie en danger de la sorte...pas de quoi faire tout un plat de  58' au 10km.. et ça  ne vaut vraiment pas le coup d'en mourir...A son niveau et au mien la course à pied ne devrait être pour chacun que ce qu'elle est réellement; un loisir sportif agréable, rien de plus...


NDLR : *pilipilipi : bon t'as bien compris et je ne vais pas te faire un dessin...j'ai juste pas envie d'attirer tous les cinglés du net sur mon blog, c'est pour ça , alors merci de ta compréhension...

9 commentaires:

  1. Yes ! Bravo ! J'espère que tu t'es fait plaisir malgré les quelques désagréments liés aux conditions et au pilipilipi

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  2. merci...pour répondre à ta question ben en fait je n'en sais rien, je n'ai pas vraiment souffert, ce n'était pas vraiment désagréable mais je n'en garderais pas un souvenir impérissable non plus...bref, je crois que cette course était un peu ennuyeuse au final mais c'est parce que dans ma tête je suis branchée sur le semi de Nimes qui aura lieu le 1er mai...j'en ai un peu soupé du 10 km je crois bien, il est temps que je passe à autre chose ;o))

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  3. bon temps,beau CR tu est sur la bonne voie .
    voilà qui va t'encourager pour la suite de la saison.

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  4. merci...
    bon en vérité le chrono n'a vraiment rien d'exceptionnel mais je n'ai pas couru pour en décrocher un non plus donc c'est normal...si je veux battre mon RP un jour sur cette distance ce sera après mes semis, à l'hiver prochain, pas avant, ça c'est sûr... le 10km c'est pas trop mon truc et je ne suis pas mécontente de m'en éloigner un peu pour les mois qui viennent...même les tortues qui courent avec un déambulateur ont des exigences, mais où va le monde lol ?

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  5. ahhh zut mon commentaire d'avant s'est effacer! En bref je constate que toi aussi tu as eu des soucis avec les voitures pendant cette course!
    Sympa ce coureur qui t'a encouragé sur la fin :D

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  6. ah non non non!!! je me suis mal exprimé...aucune voiture sur le parcours et de ce coté là la compèt' était super bien gérée... en fait la voiture que j'avais aux fesses et qui klaxonnait c'était la voiture qui ouvre la route aux champions; lesquels champions se trouvaient juste derrière moi alors que je finissais ma 1ère boucle pendant que eux s’apprêtaient à faire probablement leur show final puisque l'arche d'arrivée n'était plus qu'à quelques mètres...la vie est cruelle parfois mdr ;o))

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  7. @ diarydaily suite : et oui super cool le coureur en question....il m'a vraiment porté sur la fin, c'est chouette quand ça arrive ça ;o))

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  8. Tu as l'air un peu "blasé" dans ton CR, (si je peux me permettre), d'habitude tu es plus enjouée dans tes récits !!

    Vraiment sympa le type qui court avec sa femme, et qui t'as encouragé par la même occasion, ça c'est de l'esprit sportif :)

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  9. Tu n'as pas tord...
    Disons que je n'avais rien à attendre de moi même sur cette course comme annoncé un peu plus haut sur le blog...tu rajoutes à ça un temps maussade, une voûte de platane qui assombrit le chemin et un manque d'animation du au fait, peut être, que cette course était classante et qualificative pour les championnat de France (et que beaucoup n'était donc pas là pour rigoler) et ça donne un contexte un peu bof bof...Courir une épreuve sans objectif particulier pourquoi pas mais il m'aurait fallu un peu plus d'attrait sur le parcours tout de même...ceci dit les 2 derniers km ont été plutôt sympa en effet ;o))

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