lundi 24 février 2014

10km de la corrège...CR...


Juju le clown

1h00 de route pour arriver à Leucate... La remise des dossards se fait à environ 750m de la ligne de départ; dans le gymnase de la ville...j'ai décidé dès la 1ère compèt'  et une fois pour toute de ne jamais me stresser avant les courses, à la place;  je trébuche, chaque fois que je rentre dans une salle de remise de dossard, c'est comme ça, point! donc je trébuche, je récupère ensuite mon dossard et le sacro-saint t.shirt-souvenir qui,  pour une fois, est  à ma taille et est plutôt joli...

Deux/trois allers-retour où vous savez plus tard et coach-chéri a alors atteint le level 5 du stress pré-course parce qu’il a peur de ne pas pouvoir rejoindre la ligne d'arrivée à temps vu que la circulation est sensée être interrompue pendant la course...parce qu'il n'y a pas de petit coin prévu près de la ligne de départ et qu'il se demande comment je vais tenir sur  10km sans que je puisse  y aller une dernière fois trois secondes avant le coup d'envoi...et puis l'appareil photo qui rend visiblement  l'âme alors qu'il voulait filmer le départ, bref, il stresse et il m'annonce que je dois partir seule,  en courant, pour m'échauffer,  jusqu' au point de  départ  et que pendant ce temps là il va prendre la voiture pour parcourir les 10 km qui vont nous séparer un moment parce que sinon il va rater mon arrivée:   "non mais,  ça va pas la tête? "

Finalement nous irons tranquillou ensemble jusqu'à l'endroit fatidique et puis je lui fausserais compagnie pour me placer près de Juju le clown qui ferme toutes les courses de la région pendant que coach-chéri tentera de réanimer un peu notre appareil photo. Le départ est lancé...

On part en descente sur un bon km, ce qui est d'une traîtrise absolue  pour la suite des événements, n'importe quel runner sait ça...surtout ne pas se laisser embarquer par la descente, ni par les autres coureurs qui eux même se font embarquer par la descente...une horreur...je suis à 5'40"/km,  beaucoup trop rapide pour mon niveau...je remonte plein de gens, je suis un peu grisée,  ça n'est pas franchement malin mais en même temps mon égo aime bien, bref...

km2:  nous sommes dans un méchant faux plat pourtant je suis de plus en plus  rapide; 5'27" /km... néanmoins je ne me sens pas trop mal, je continue de remonter du monde, mon égo n'est toujours pas lassé de tant d'honneur....

km3 : là ça ne va plus du tout... je paye mon départ trop rapide, je commence à avoir trop chaud, je me demande un peu ce que je fais là à courir sous le cagnard, j'entend des gens souffler trop fort et je me dis que je ne dois pas être mieux qu'eux niveau vibration sonore, je suis à 5'29" /km, je m'accroche...

km 4 : Ca devient carrément galère, il fait trop chaud, j'ai soif,  des idées de promenades bucoliques, printanières et très lentes me traversent l'esprit mais coach-chéri m'attend à l'arrivée, il croit à la réalisation de mon objectif' et puis je pense à  à vous tous aussi qui me suivez et qui m'encouragez sur le blog ou sur twitter alors je remise la  promenade du dimanche ultra-cool aux oubliettes et je maintiens mon allure, malgré la chaleur,  au dessous des 6'/km...je suis donc à 5'40"/km , je me dis que j'ai encore mes chances pour le sub 60' ...mais j'ai très soif , c'est rien de le dire, sensation nouvelle en course,  pour moi qui suis plutôt en mode dromadaire habituellement...

km5 : je m'arrête quelques secondes au ravito pour avaler mon demi gobelet d'eau et je repars, ma cadence chutera sur ce km; 6'08"/km mais un calcul mental aléatoire me fera  tout de même penser que c'est possible...alors je ne pense plus qu'à ça, il me faut un sub 60' à tout prix, je me contenterais même d'un 59'59" si il le faut pourvu que je sois sous la barre des 60'...

km 6 : l'hydratation aidant je reprend du poil le de la bête, je remonte jusqu'aux deux participantes qui se trouvent plusieurs mètres devant moi et nous allons courir ensemble jusqu'au km 9,  chacune de nous  doublant légèrement l'autre,  tour à tour...  nous passerons tout de même de longs moments côte à côte sans nous parler, aucune animosité,  juste de l'émulation,  nous nous forçons mutuellement à augmenter ou à maintenir l'allure juste ce qu'il faut pour garder la face l'une vis à vis de l'autre, on se  met un peu la pression...je sais maintenant qu'elles m'ont aidé, à ne rien lâcher, je suis à 5'58" /km et je me mets sur "ON" en mode féroce...

km7: je n'en peux plus, mes "nouvelles copines" me donnent du fil à retordre, j'ai surement présumé un peu de mes forces, mon allure chute à 6'01"/km

km8 : je sers les dents...j'en ai raz le bol mais je ne lâche rien, un jeune homme me double à grande enjambées, il a toute la place pour me doubler sur le coté et continuer son chemin  mais il me frôle et se positionne juste devant moi, on appelle ça une queue de poisson en voiture, non? puis il crache dans un élan de virilité... il a vraiment tout pour plaire ce jeune homme en question, bref je suis à 6'/km et j'en bave...

km9, l'apothéose!!! je vois la côte devant moi...elle n'est pas spécialement très pentue cette côte là comparée aux collines que je grimpe par chez moi mais elle est très très longue, en ligne droite pour qu'on la visualise bien et qu'on ne puisse pas croire que ce n'est qu'un mirage ou une vue de l'esprit...dans un sursaut d'énergie je me dis que je vais me la faire, vite et bien et que ça n'est pas une petite montée de rien du tout qui doit  faire tout au plus  1km qui va me faire rater mon sub 60'...je largue les copines qui décrochent dans la montée, je remonte plein de gens qui ont décidé de se la faire en marchant, je n'en peux franchement plus mais bon sang de bon soir je ne lâcherais pas maintenant, pas si prêt du but même si dans mes calculs du 5ème km je n'avais pas du tout  inclus que mon allure chuterait alors à 6'33"/km parce qu’il y a une cote de la mort qui tue qui a décidé de pousser juste à cet endroit là...

km10; ça grimpe encore un peu mais je m'en moque, je vais y arriver, je vais y arriver, je vais y arriver.Point!  je parcours ce dernier km  à 5'36"/km

A quelques mètres du but, comme d'habitude me voilà  en manque de repère donc comme à chaque fois  je cris à qui veut bien m'entendre "c'est par où???? "  , on me renseigne puis je vois enfin l'arche au loin, je vois aussi coach-chéri qui maintient son appareil photo sous assistance respiratoire pour me tirer le portrait, il est en plein milieu de la route,  un vrai  paparazzi mon coach-chéri  à qui je ne pourrais même pas sourire au passage tellement j'ai peur de  perdre une micro seconde ce qui pourrait être fatal à la réussite de mon objectif...

J'entend mon nom au franchissement de l'arche, j'arrête mon garmin un peu tard et je vois que je suis tout de même à 59' et des bananes donc ça va, j'ai mon sub 60',  je suis contente..la grande  joie viendra  un peu plus tard quand coach-chéri m'annoncera  le temps officiel, une minute de moins que ce que me donne ma garmin...58'06", je suis comblée..



Vitesse moyenne : 10.3 km/h   Allure : 05'48"/km


14 commentaires:

  1. Waouh trop génial !! Je n'avais pas vu ton article précédent (petite absence de la blogo pendant quelques jours) du coup belle surprise aujourd'hui :)

    C'est bien de t'être accrochée à ce point, quel bonheur d'atteindre son objectif ! Félicitations :)

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  2. jje te remercie, c'est très gentil...ça pour m'accrocher je me suis accroché en effet, un peu comme ne moule à son rocher lol et c'est vrai qu'après et bien c'est que du bonheur..ce qui est dingue surtout c'est de se dire ensuite que quelques secondes en moins sur chaque km ça fait une sacré différence au niveau du chrono bien sur mais aussi au niveau physique...grignoter des minutes c'est pas de la tarte en course à pieds et je pense que c'est pareil quel que soit le niveau...

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    1. Oui, parfois quand j'en parle avec des gens ils me disent "ça va 10 secondes par km !!" oui comme ça ça a l'air simple, mais en vrai ça fait une sacré différence au niveau du rythme !

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    2. hé oui il n'y a que les runners qui peuvent comprendre ça, c'est sûr que vu de sa fenêtre ou de son canap': 10' de + ou 10' de moins c'est rien lol ..moi aussi j'en entend des vertes et des pas mûres parfois mais bon ça fini par glisser...

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  3. T'as l'air d'en avoir bavé, dis donc, mais tu as tout donné !! Re-bravo :)

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    1. ah oui dimanche je crois que je ne pouvais pas faire mieux, j'étais à fond lol

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  4. Félicitations pour ta course et l'accomplissement de ton objectif. Joli CR, malgré la souffrance, ça donne envie !!

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  5. merci à toi et (re-merci à tous) pour les petits mots gentils...sur la fin c'est vrai que j'ai souffert mais je crois vraiment que quand quelqu'un t'attend à l 'arrivée ça change la donne...

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  6. Congrat' ! Dans la douleur ? Une fois la ligne franchie, dans le bonheur non ;) !?

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  7. merci...oui dans la douleur mais après coup, peut être plus mentale que physique finalement...yep; le bonheur à l'arrivée bien sûr, je n'ai d'ailleurs toujours pas atterrie, je pense que la séance de 30"30" de demain va remettre les pendules à l'heure lol...

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  8. Génial ton CR ! Je l'ai vécu avec toi en le lisant :D Et comme il ressemble à mon Run In Lyon de l'an dernier... Vivement que je me trouve une petite course pour me remotiver ! Lire ta détermination fait envie !
    Et bravo pour ton sub 60' réalisé haut la main !

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  9. merci ;o))
    Si je redonne un peu de motivation à quelqu'un alors je suis gagnante au scratch de ce 10km, tant mieux...Comme le disait Paul (http://paulmatwinch.com/) tout à l'heure sur twitter, il se forme des équipes sur le net, on s'encourage, on se motive et au final on finit par courir un peu ensemble virtuellement et c'est chouette..
    Courir ça rend un peu peace and love et je vous aime tous là...
    j'ai pas gagné de médaille d'or aux J.O. mais c'est tout comme...lol

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  10. Super ce compte rendu! Si je comprends bien le gros atout pour doubler tout le monde c'est d'avoir l'habitude des côtes, il va falloir que je travaille ça^^

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  11. Merci ...disons que par chez nous les côtes c'est pas ça qui manque alors il vaut mieux en effet garder la motivation intacte quand elles apparaissent devant toi surtout en fin de course et c'est plus facile pour ceux qui comme moi s’entraînent régulièrement dans les collines...et puis j'ai marvejols en ligne de mire (en juillet) et là ce ne sera que de la montée alors ...enfin bref, oui si tu as des côtes, des collines ou des montagnes près de chez toi, vas y faire un petit tour ça donne de la puissance donc çà optimise aussi ta vitesse ...

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